Ze manoir

vendredi, juin 17, 2005

Dis, tu penses à moi, toi?

Me suis fait dire que si me faisais violer, j'aimerais sûrement ça. Alors on n'a pas à s'inquiéter. Mais on s'inquiète quand même pour moi. Au cas où j'aimerais pas ça, finalement. Ou qu'en plus on me tue. Qu'on me trouve poupée conflable crevée, au fond d'une ruelle. Et là, on aurait à me pleurer.
On me sourit et embarque avec moi dans des histoires rocambolesques. J'ai une si grande influence, dis? On saute en écume les yeux fermés. On rigole à outrance. Quand mon magnétisme est trop loin, on parle quand même de moi. Et on s'inquiète. À outrance. On s'inquiète bad, dans le sens de désagréable qui crache au visage.
On a peur même si on s'étonne plus de rien. Au fond, on s'inquiète qu'on m'enlève parce qu'on veut pas qu'ils rançonnent.
Mais on camoufle tout, on terre et on chuchote au fond des couloirs sombres. On me dit rien. On fait comme si. Dis, je suis si forte qu'ils oublient tout à mes côtés?
Ça me pue pas au nez. Je préfère m'arracher les yeux et les écraser entre mes mains, sur les autres, comme on fracasse un piment.

1 Révérence(s):

Pour s'incliner

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autodidacte