Ze manoir

mardi, octobre 11, 2005

Farouche.

Seule à la maison pour quelques jours. Sans moyen de sortie. Petite vie à l'étude, à dormir, à se surnourrir sans vomir, petite vie à trop de musique pop. J'ai décidé de m'enfoncer pleinement. Manger des pizzas-pochettes. Laisser mes cheveux gras, ma peau qui pue, sans maquillage, laisser mes cernes pendre comme des seins de vieille femme. Porter des lunettes! Traîner dans des vêtements zéro fashion. Errer en sous-vêtements dans une grosse couverture. Être laide. Se sentir laide. Laisser mes jambes avec l'écriture de dix nuits, lieu de mémo favori. Empirer ma voix morte pour encore sembler être un homme au téléphone. C'est en étant aussi laide que je créerai les choses les plusse drôle. C'est seulement comme ça que je peux atteindre mon plein potentiel de descendre les escaliers quatre pattes tête en bas. Seulement là que je peux danser couchée par terre en alternant rap québécois et bloodbrothers. S'ironiser sur du Britney Spears. Laide et sale, feuilleter des revues de mode. Surtout, travailler ma fashion. Savoir l'artisane avant le modèle, fond creux de la shop, l'air noir crasse, à tailler mes mini-jupes pour quelles soient un peu plus courtes. Passer la journée à danser en gérant chaque détail, se mener à bout de souffle, rire, danser, danser encore, pour se prendre pour quelqu'un d'autre. C'est bon. Rouler par terre, se déplacer à quatre pattes. C'est là que mes yeux brillent le plus des instincts de la brousse, là que le regard psychopathe s'installe. J'arrive pas à me trouver plus belle. Alors je me cache à la surface du monde.

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Pour s'incliner

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